Pour les professionnels du bien-être : Mettre le consultant en confiance à l’aide de l’olfaction des huiles essentielles

Jody ELLEAUME – Oshadhi France | Article SPBE

Créer dès les premières minutes un espace de présence, de sécurité et d’autonomie, sans forcer ni interpréter

Un consultant entre dans notre cabinet. Il sourit, s’assoit, nous dit que tout va bien ou qu’il ne sait pas vraiment par où commencer. Pourtant, avant même que les premiers mots aient trouvé leur place, son corps a déjà observé la pièce, notre posture, notre voix, la distance qui nous sépare, les bruits, la lumière, les odeurs. Quelque chose en lui a déjà commencé à répondre à une question très simple : « Est-ce que je peux me déposer ici ? »

La confiance ne naît pas seulement de ce que nous expliquons. Elle se construit dans une multitude de détails, souvent silencieux : la qualité de notre présence, notre capacité à ne pas nous précipiter vers une solution, la liberté que nous laissons à l’autre, et cette sensation qu’il n’a rien à réussir pour être accueilli.

Dans ce contexte, l’olfaction des huiles essentielles peut devenir un merveilleux médiateur. Non pas une technique destinée à fabriquer artificiellement de la confiance, encore moins à influencer le consultant à son insu. Le parfum peut plutôt offrir un seuil : quelques instants pour quitter le commentaire mental, revenir aux sensations et entrer dans la relation depuis un endroit plus simple.

La confiance ne se décrète pas

Dans les métiers du bien-être, nous pouvons être tentés de rassurer rapidement. Nous voulons montrer que nous savons, que nous avons compris, que nous disposons d’outils. Cette intention est bienveillante. Pourtant, trop vouloir rassurer peut parfois envoyer un message paradoxal : « Il y a donc quelque chose de suffisamment inquiétant pour que l’on doive immédiatement me convaincre que tout va bien. »

La confiance apparaît plus facilement lorsque le consultant sent que nous n’allons ni le brusquer, ni décider à sa place, ni enfermer son expérience dans une interprétation. Elle naît lorsqu’il reste libre de parler ou de se taire, d’accepter une proposition ou de la refuser, d’aimer une odeur ou de ne pas l’aimer.

Le premier geste professionnel n’est donc pas de choisir la bonne huile essentielle pour la personne. C’est de lui rendre sa place. Lui demander son accord. Lui expliquer ce que nous proposons. Lui rappeler qu’elle peut arrêter l’expérience à tout moment. Le consentement n’est pas une formalité administrative ajoutée à la pratique : il fait déjà partie du soin apporté à la relation.

L’odeur avant les mots

L’odorat occupe une place particulière parmi nos sens. Le message olfactif est capté par les récepteurs de la muqueuse nasale, transmis au bulbe olfactif, puis relayé vers différentes régions cérébrales impliquées notamment dans la mémoire, l’émotion et l’évaluation de ce qui est agréable ou menaçant. Voilà pourquoi une odeur peut nous toucher avant même que nous sachions la nommer.

Elle peut nous ramener dans une maison, un jardin, une salle d’attente, auprès d’une personne aimée ou dans une période oubliée. Le corps répond avant que le récit soit construit. C’est ce qui rend l’olfaction si intéressante dans l’accompagnement, mais aussi ce qui exige beaucoup d’humilité.

Une huile essentielle que le praticien trouve douce et rassurante peut réveiller chez le consultant un souvenir inconfortable. Une odeur habituellement présentée comme apaisante peut être vécue comme trop intense, trop familière ou simplement désagréable. Il n’existe donc pas une odeur universelle de la confiance. Il existe une rencontre singulière, à un instant donné, entre une personne et une plante.

Ce que l’olfaction peut réellement apporter au début d’une séance

  • Créer une transition entre le rythme extérieur et le temps de la séance.
  • Ramener au corps avant d’entrer dans l’histoire mentale.
  • Redonner du choix : sentir, refuser, éloigner, recommencer, choisir une autre touche.
  • Installer une expérience partagée sans l’envahir de mots.
  • Soutenir le ralentissement, lorsque l’odeur est vécue comme agréable et que le cadre est sécurisant.

Le parfum ne remplace donc pas la relation. Il peut l’ouvrir. Il ne remplace pas l’écoute. Il peut aider à rendre l’écoute plus incarnée.

L’erreur des dictionnaires émotionnels trop rigides

Il est séduisant d’apprendre qu’une plante correspondrait à une émotion précise : telle huile pour la peur, telle autre pour le manque de confiance, telle autre encore pour la tristesse. Ces repères peuvent inspirer le praticien, mais ils deviennent enfermants lorsqu’ils sont présentés comme des vérités universelles.

Si une personne rejette la Lavande vraie, cela ne signifie pas qu’elle refuse la douceur, sa mère, son féminin ou son besoin de sécurité. Peut-être n’aime-t-elle simplement pas cette odeur. Peut-être lui rappelle-t-elle un produit ménager, une chambre d’hôpital ou le parfum d’une personne avec laquelle elle a vécu quelque chose de difficile. Peut-être aussi est-elle trop concentrée, trop forte ou trop familière pour elle aujourd’hui.

Le professionnel peut connaître les propriétés, l’histoire et la symbolique des plantes. Mais, au moment de la rencontre, il accepte de ne pas savoir à la place du consultant. Une question ouverte comme « Qu’est-ce que vous ressentez ? » laisse la personne libre. Une affirmation comme « Cette odeur vous dérange parce que vous résistez à la confiance » lui retire son expérience.

Avant la rencontre : préparer subtilement l’atmosphère avec les hydrolats

La prudence envers les odeurs imposées ne signifie pas que le cabinet doive être totalement dépourvu de présence végétale. La diffusion très légère d’un hydrolat est différente d’une diffusion soutenue d’huiles essentielles : elle peut déposer dans le lieu une qualité aqueuse, discrète et accueillante, sans saturer l’odorat.

Cette diffusion doit rester presque imperceptible. Elle n’a pas pour but de parfumer le cabinet ni de produire un état chez le consultant. Elle prépare simplement un espace plus rond, plus calme et plus accueillant. Pour une première consultation, ou lorsque l’on ne connaît pas encore la sensibilité olfactive de la personne, je conseille de diffuser quelques minutes avant son arrivée, puis d’interrompre la diffusion.

La solution la plus simple est le parfum d’ambiance aux hydrolats Sérénité Oshadhi – réf. 47110. Sa composition douce et florale a été conçue pour une atmosphère de détente et peut être versée directement dans le réservoir d’un diffuseur ultrasonique compatible, comme l’Aroma Spa Oshadhi blanc – réf. 7063.

Pour une préparation personnalisée, vous pouvez aussi mélanger à parts égales trois hydrolats qui, dans notre approche, se complètent particulièrement bien pour l’accueil : Fleur d’oranger, Camomille romaine et Angélique racine. La plante porte déjà son orientation ; il n’y a aucune intention mentale à ajouter.

Un rituel d’accueil olfactif simple, en cinq minutes

  1. Préparer un espace sobre : aérer la pièce, éviter toute diffusion soutenue, conserver une atmosphère propre et vivante.
  2. Demander l’accord : « Je peux vous proposer un court temps olfactif pour vous aider à vous déposer. Vous restez libre d’arrêter à tout moment. »
  3. Présenter deux ou trois huiles maximum, sur des touches séparées, jamais directement sous le nez.
  4. Laisser choisir la personne sans interpréter son choix ni son refus.
  5. Inviter à respirer naturellement pendant trois à cinq minutes, en sentant juste assez pour percevoir le parfum sans saturer le nez.
  6. Revenir aux sensations : pieds, assise, souffle, plexus, poitrine, visage.
  7. Demander simplement : « Qu’est-ce que vous remarquez maintenant ? » puis accueillir la réponse sans chercher à la corriger.

Quelques huiles utiles pour ce rituel

  • Petitgrain bigaradier Oshadhi – réf. 2450 : accueil, relâchement, équilibre nerveux.
  • Mandarine rouge Oshadhi – réf. 2036 : chaleur, simplicité, retour à une détente joyeuse.
  • Marjolaine à coquilles Oshadhi – réf. 2030 : soutien, réconfort, présence amicale.
  • Lavande vraie Oshadhi – réf. 1910 : sécurité, tendresse, détente corporelle.
  • Camomille romaine Oshadhi – réf. 1720 : calme, paix, relâchement profond.
  • Cèdre de l’Atlas Oshadhi – réf. 3081 : verticalité, appuis, stabilité.
  • Oliban Oshadhi – réf. 3010 : présence, souffle, intériorisation.
  • Angélique racine Oshadhi – réf. 1060 : retour à la maison intérieure, sécurité et recentrage.

À transmettre au consultant

L’objectif n’est pas qu’il ait besoin de la plante pour aller bien. Il s’agit plutôt de lui transmettre un rituel autonome : revenir au corps, sentir, respirer, observer, puis reprendre sa journée. Le professionnel peut montrer le chemin, mais il n’a pas à devenir indispensable. Une pratique juste rend progressivement la personne à elle-même.

Cadre professionnel et précautions

Les propositions de cet article relèvent du bien-être, de la relaxation, de l’accompagnement sensoriel et de l’éducation aux plantes. Elles ne remplacent ni un diagnostic médical, ni un traitement, ni un suivi psychologique lorsque celui-ci est nécessaire.

En cabinet, vérifiez toujours le cadre de votre pratique, demandez l’accord explicite de la personne, et adaptez l’usage des huiles essentielles et des hydrolats aux sensibilités individuelles. En cas de grossesse, d’allaitement, d’asthme, d’épilepsie, de terrain allergique, d’hypersensibilité aux parfums, de migraine déclenchée par les odeurs ou de trouble psychique important, la prudence est indispensable. Une séance sans huile essentielle reste une séance complète.

Petit topo sur Oshadhi

Depuis son origine, Oshadhi ne considère pas les huiles essentielles et les hydrolats comme de simples produits aromatiques, mais comme l’expression sensible d’une plante, d’un terroir, d’un climat, d’un producteur et d’un savoir-faire de distillation.

Cette exigence se traduit par une recherche constante de pureté, de précision botanique, de fraîcheur et de profondeur olfactive. Les huiles essentielles Oshadhi sont recherchées pour leur finesse, leur identité botanique, leur distillation lente et complète, et cette vitalité particulière que l’on ressent très vite lorsque l’on travaille par l’olfaction.

Pour accompagner une personne par l’olfaction, la relaxation, la méditation ou l’équilibre émotionnel, la qualité de l’extrait change tout. Plus l’huile essentielle ou l’hydrolat est fidèle au végétal, plus la rencontre peut être fine, profonde et juste.

Il y a les huiles essentielles et les hydrolats… Et puis il y a Oshadhi. Pour celles et ceux pour qui la qualité compte.

Boutique Oshadhi France : www.myrtea-oshadhi.com

Pour les professionnels du bien-être adhérents au SPBE, Oshadhi France propose une remise professionnelle de 25 % après création d’un profil professionnel validé, ainsi qu’une remise supplémentaire de 10 % sur une commande avec le code OFSPBE2026, non cumulable avec les produits déjà remisés et non valable sur les livres.

Pour aller plus loin : les formations que j’anime à l’ELPM

Pour les personnes qui souhaitent aller plus loin dans cette approche sensible, rigoureuse et vivante des plantes aromatiques, j’anime également plusieurs formations à l’École Lyonnaise de Plantes Médicinales, notamment autour de l’aromathérapie, de l’hydrolathérapie et de l’accompagnement émotionnel par les huiles essentielles et les hydrolats.

Ces enseignements s’adressent aussi bien aux professionnels du bien-être qu’aux personnes déjà engagées dans une démarche de connaissance des plantes, avec toujours la même intention : relier la précision, la sécurité d’emploi et l’expérience directe du végétal.

Jody ELLEAUME – Herbaliste

Liens utiles : 

Formations et actualités : jody-elleaume.fr/actualites/

ELPM – Aromathérapie : ecoledeplantesmedicinales.com/formations/aromatherapie-lyon-formation/

ELPM – Aromathérapie & équilibre émotionnel : ecoledeplantesmedicinales.com/formations/aromatherapie-et-equilibre-emotionnel/

ELPM – Hydrolathérapie familiale : ecoledeplantesmedicinales.com/formations/hydolathrapie-familiale/

Sources et références

  • MONIER Fabienne et ELLEAUME Jody, Hydrolathérapie holistique, ouvrage à paraître. Référence pour l’approche globale des hydrolats, la cure, la présence et les messages subtils des plantes.
  • MONIER Fabienne et ELLEAUME Jody, L’Oracle des Plantes : Conscience, guérison et liberté – Hydrolats et huiles essentielles, ouvrage à paraître. Référence pour les archétypes et les dimensions Yin/Yang des plantes citées.
  • HOZZEL Malte, Traité d’aromathérapie holistique / Carrier of Light, référence pour l’approche globale, énergétique et spirituelle des huiles essentielles.
  • BOSSON Lydia, L’Aromathérapie énergétique, Amyris, 2004.
  • HERZ Rachel S., ‘A Naturalistic Analysis of Autobiographical Memories Triggered by Olfactory Visual and Auditory Stimuli’, Chemical Senses, 2004.
  • Kontaris I. et al., ‘Olfactory system and emotion: Common substrates’, European Annals of Otorhinolaryngology, Head and Neck Diseases, 2020.
  • Donelli D. et al., ‘Effects of lavender on anxiety: A systematic review and meta-analysis’, Phytomedicine, 2019.
  • Pratiwi et al., ‘Anxiety-Reducing Effects of Lavender Essential Oil Inhalation: A Systematic Review’, Healthcare, 2023.
  • ANSES, travaux et recommandations de toxicovigilance sur les huiles essentielles, sprays et diffuseurs.

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