Ces derniers jours, quelques articles de presse ont porté un regard critique sur les travaux de normalisation des métiers du bien-être, à la suite de la décision du Conseil d’État concernant la norme relative à la réflexologie. Certains commentaires ont pu laisser penser que cette décision remettait en cause la légitimité même de ces démarches ou qu’une norme constituerait une forme de validation scientifique des pratiques. Il nous paraît important d’apporter des éléments de contexte afin d’éclairer le débat.
Le Syndicat des professionnels du bien-être et de la santé intégrative considère que les échanges critiques sont légitimes lorsqu’ils reposent sur des faits. En revanche, les articles à charge, qui simplifient excessivement le fonctionnement de la normalisation ou laissent entendre que ces travaux seraient contraires à l’intérêt des usagers, ne permettent pas au public de comprendre les véritables enjeux.
La normalisation n’a jamais eu pour objectif de démontrer l’efficacité scientifique d’une pratique ni de créer une profession de santé. Son objectif est tout autre : définir des référentiels de bonnes pratiques, améliorer la qualité des formations, à fournir aux centres de formation un cadre commun pour concevoir et dispenser des enseignements de qualité, clarifier les compétences, rappeler les limites d’intervention des praticiens et renforcer l’information délivrée aux usagers.
Cette démarche est précisément destinée à mieux protéger le public.
Une norme AFNOR est élaborée selon un processus particulièrement exigeant. Avant même le lancement des travaux, une enquête de faisabilité est réalisée afin de vérifier qu’un besoin existe et que les différentes parties prenantes souhaitent participer à son élaboration.
S’ouvre ensuite un travail collectif qui peut durer plusieurs années. Les organisations professionnelles, les praticiens, les centres de formation, les experts, ainsi que les représentants des parties concernées confrontent leurs expériences afin de construire un texte partagé. Chaque définition, chaque exigence et chaque formulation sont discutées jusqu’à l’obtention d’un consensus, celui-ci étant recherché dans les limites fixées par le cadre juridique applicable.
Une fois ce travail terminé, le projet est soumis à une enquête publique. Toute personne ou organisation concernée peut alors formuler des observations, proposer des modifications ou exprimer des réserves. Ces contributions sont analysées avant toute publication.
La décision du Conseil d’État ne remet pas en cause cette démarche. Elle rappelle qu’un certain nombre de formulations doivent être revues afin d’éviter toute ambiguïté, notamment vis-à-vis des professions de santé et du grand public. Cette exigence de précision est parfaitement compatible avec l’objectif poursuivi par les organisations professionnelles : construire des référentiels toujours plus clairs, plus rigoureux et plus protecteurs.
Cette décision constitue donc une étape d’amélioration, non un abandon.
Les enseignements qui en découlent bénéficieront également aux autres travaux actuellement conduits au sein de la commission AFNOR « Activités bien-être », notamment les normes relatives au massage bien-être, à la kinésiologie et à la naturopathie.
Derrière chacun de ces projets se trouvent des centaines d’heures de travail bénévole. Des praticiens, des responsables d’organisations professionnelles, des représentants de centres de formation et des experts s’engagent pour faire progresser leurs métiers dans une logique de qualité, de transparence et de responsabilité.
Le Syndicat des professionnels du bien-être et de la santé intégrative souhaite rendre hommage à cet engagement collectif. Il est essentiel que ce travail soit mieux connu du grand public.
À la suite des nombreuses sollicitations de ses adhérents, le Syndicat estime qu’il sera nécessaire de retravailler rapidement la norme relative à la réflexologie afin de tenir compte des observations formulées par le Conseil d’État. Nous sommes aujourd’hui dans l’attente des orientations d’AFNOR Normalisation sur les modalités de cette révision.
Notre volonté est claire : poursuivre le dialogue, renforcer la qualité des référentiels et contribuer à une meilleure protection des usagers.
Depuis de nombreuses années, notre secteur développe également d’autres démarches qualité. La Chambre Syndicale de la Sophrologie a été pionnière en proposant des labels qualité pour les praticiens et les centres de formation. D’autres organisations professionnelles, dont le Syndicat des professionnels du bien-être, poursuivent aujourd’hui cette dynamique afin d’offrir au public des repères fiables pour identifier des professionnels engagés dans une démarche d’excellence.
Nous sommes convaincus que l’avenir de nos métiers repose sur davantage de dialogue, davantage de transparence et davantage de qualité.
Les critiques peuvent contribuer à améliorer les travaux lorsqu’elles sont constructives. C’est dans cet esprit que nous poursuivrons notre engagement, aux côtés des organisations professionnelles, des institutions et de l’ensemble des acteurs concernés, afin que les métiers du bien-être continuent à se structurer dans le respect du public, des professionnels de santé et de l’intérêt général.
Le Syndicat des Professionnels du Bien-Etre et de la Santé Intégrative
Alexandra Attalauziti
Présidente du SPBE
