Le 19 juin 2026, le Conseil d’État a annulé l’homologation de la norme AFNOR NF S99-807 « Prestations de service du réflexologue », à la demande du Conseil national de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes. Le SPBE prend acte de cette décision avec sérieux. Nous considérons cette étape comme un signal fort : nous devons aller encore plus loin dans la pédagogie sur nos métiers, en faire comprendre les contours, les compétences et la valeur auprès du grand public, des institutions, et des professionnels de santé. Nous continuons les travaux, et nous espérons être reçus rapidement par les ministères de la Santé et du Travail pour avancer ensemble.
Un investissement collectif qui doit trouver son aboutissement
Les professionnels du bien-être adhérents du SPBE ont activement participé au financement et à l’élaboration de cette norme. Des réflexologues indépendants, des formateurs engagés, des centres de formation ont investi des années de travail et des ressources importantes pour que leur métier soit reconnu selon des standards rigoureux. Ils ont joué le jeu des institutions, fait confiance au dispositif de normalisation public et répondu à toutes les exigences d’AFNOR.
Cette décision du Conseil d’État ne remet pas en cause la valeur de ce travail collectif. Elle nous invite cependant à mieux expliquer, mieux documenter, mieux démontrer ce qui distingue la réflexologie d’une activité médicale et c’est un effort pédagogique que le SPBE s’engage à intensifier. Nous avons la responsabilité de rendre nos métiers encore plus lisibles, notamment pour les ordres de santé et les pouvoirs publics.
Comprendre la décision pour mieux y répondre
Le Conseil d’État a relevé une ambiguïté terminologique dans la norme. Cette précision juridique, loin d’être un rejet de nos métiers, constitue une opportunité : reprendre les travaux avec une rédaction encore plus rigoureuse, qui réaffirme clairement que la réflexologie est une pratique de bien-être, distincte et complémentaire des professions de santé réglementées.
Le SPBE a d’ores et déjà engagé les démarches auprès d’AFNOR pour enclencher la procédure de republication. Nous demandons à AFNOR de prendre en compte le contexte particulier de cette annulation et notamment la bonne foi constante des organisations professionnelles dans les modalités de cette republication.
Nous entendons également travailler en lien étroit avec les ordres de santé concernés. Non dans une logique d’opposition, mais dans une démarche de clarification partagée : nos métiers ne cherchent pas à empiéter sur le champ médical. Ils apportent une réponse complémentaire, reconnue et plébiscitée par des millions de Français.
Des professionnels formés, responsables et engagés dans la qualité
Les adhérents du SPBE exercent avec sérieux et professionnalisme. Ils ont suivi des formations longues et exigeantes, connaissent parfaitement les limites de leur champ d’intervention, orientent leurs clients vers des professionnels de santé lorsque la situation le nécessite, et se forment en continu. Ils travaillent dans le respect des usagers et de leurs droits.
C’est précisément parce que ces professionnels sont rigoureux que la norme leur était essentielle : elle permettait aux usagers de distinguer un praticien formé selon des standards reconnus d’un praticien sans formation. Son absence fragilise ceux qui font bien leur travail. C’est pourquoi sa republication rapide est une priorité pour le SPBE dans l’intérêt des usagers avant tout.
Un enjeu économique réel pour toute la filière
Les organismes de formation sérieux qui investissent dans des programmes rigoureux, des formateurs qualifiés et des évaluations exigeantes font face à une concurrence difficile de la part d’opérateurs qui ne s’imposent aucune exigence de qualité. L’absence de cadre normatif renforce cette asymétrie. Certains organismes de qualité sont aujourd’hui fragilisés.
Le secteur du bien-être représente plus de 550 000 professionnels en France. C’est un secteur économique majeur, contributeur aux finances publiques et à la qualité de vie de millions de Français. Il mérite un cadre clair, stable et lisible pour les professionnels, pour les usagers, et pour les pouvoirs publics.
La vigilance s’impose pour les normes en cours : naturopathie, massage bien-être, kinésiologie
Cette décision nous invite à une vigilance accrue sur l’ensemble des démarches normatives en cours. Le SPBE travaille activement avec AFNOR pour que les normes relatives à la naturopathie, au massage bien-être et à la kinésiologie bénéficient dès maintenant d’une revue juridique préventive garantissant leur solidité.
Les professionnels de santé qui collaborent au quotidien avec des naturopathes, des réflexologues ou des masseurs bien-être nous demandent de la lisibilité sur ces cadres. Les étudiants engagés dans des formations conformes à ces référentiels en voie de finalisation ont besoin de visibilité sur leur avenir. Ces attentes légitimes guideront notre action.
Ce que le SPBE met en œuvre
Le SPBE engage des actions concrètes et coordonnées :
– La republication rapide d’une norme réflexologie corrigée, avec AFNOR, intégrant une rédaction précise et juridiquement solide sur le périmètre du métier de réflexologue ;
– Une demande auprès d’AFNOR d’accompagnement adapté pour cette republication, tenant compte de l’investissement déjà consenti par les professionnels ;
– Des garanties sur la sécurité juridique des normes naturopathie, massage bien-être et kinésiologie, avec relecture préventive par des juristes spécialisés ;
– Un travail de pédagogie renforcé auprès des institutions, des ordres de santé et du grand public sur ce que sont nos métiers, leurs compétences et leur complémentarité avec le système de soins ;
– Une demande d’audience auprès des ministères de la Santé et du Travail pour avancer ensemble vers une évolution réglementaire qui sécurise l’exercice de ces professions dans un cadre clair et protecteur.
Mobilisation collective : l’union fait la force
Face à cette situation, le SPBE appelle l’ensemble des syndicats et fédérations professionnels du secteur à se mobiliser de façon unie et coordonnée. C’est ensemble, avec une voix collective et un discours cohérent, que nous obtiendrons les avancées nécessaires.
Rejoindre le SPBE, c’est rejoindre une organisation engagée dans un dialogue constructif avec les pouvoirs publics, qui défend avec conviction et pédagogie les professionnels du bien-être sérieux. 70 % des Français ont eu recours à des pratiques non conventionnelles selon l’OMS en 2025. Cette réalité mérite un cadre institutionnel à la hauteur.
Le SPBE s’engage à poursuivre les travaux de normalisation avec détermination et méthode. Nous souhaitons que cette étape soit l’occasion d’un dialogue renforcé avec les pouvoirs publics dialogue que nous appelons de nos vœux, et pour lequel nous demandons à être reçus par les ministres de la Santé et du Travail dans les meilleurs délais. Ensemble, construisons le cadre que nos professionnels et nos usagers méritent.
Le Bureau du SPBE – Syndicat des Professionnels du Bien-Être et de la Santé Intégrative
